Les réseaux non terrestres, ou NTN (non-terrestrial networks), cherchent à prolonger le réseau mobile au-delà des antennes installées au sol. La GSMA, l’association mondiale des opérateurs mobiles, a publié le 13 octobre dernier une nouvelle version de son architecture de référence pour les services mobiles par satellite.
Le document décrit notamment l’intégration de charges utiles satellitaires dites régénératives, capables de traiter une partie du signal à bord, avec des services 5G NR et NB-IoT. L’objectif n’est pas de remplacer le réseau terrestre, mais de créer un segment complémentaire pour les zones isolées, les secours et certains usages IoT.
Ce que change une charge utile régénérative
Dans un schéma satellitaire classique, le satellite relaie principalement le signal entre le terminal et une station au sol. Avec une charge utile régénérative, une partie des fonctions de traitement est déplacée à bord. Le satellite peut ainsi participer davantage à la gestion du trafic et de la liaison radio, au prix d’exigences plus fortes en calcul, en énergie et en synchronisation.
Cette architecture doit composer avec le déplacement du satellite, le délai de propagation et la variation de la qualité radio. La GSMA met en avant les arbitrages liés à la performance, à la consommation, à l’allocation des ressources et au partage des équipements radio entre composantes terrestres et satellitaires.

Le téléphone ne devient pas une antenne satellite
Le terme 5G NTN ne signifie pas qu’un smartphone ordinaire se connectera automatiquement à n’importe quel satellite. Le service dépend du spectre autorisé, du terminal, de la puissance disponible, de la couverture et de l’interconnexion avec le cœur de réseau de l’opérateur. Pour l’Internet des objets, le NB-IoT peut réduire les besoins en débit et en énergie, ce qui le rend adapté à des capteurs éloignés ou difficiles à raccorder.
La GSMA a également rapporté le 13 octobre une démonstration de connectivité 5G NTN multi-fournisseurs menée avec la plateforme OpenSpace de Kratos, le cœur 5G Raemis de Druid Software et des équipements de GCT Semiconductor, dans le cadre des travaux de KT SAT. L’essai illustre l’enjeu d’interopérabilité : pour passer du prototype à un service exploitable, les terminaux, le cœur de réseau, le segment spatial et les systèmes de supervision doivent fonctionner ensemble.
Un complément, pas un substitut à la fibre
Pour les opérateurs, le satellite peut étendre la couverture là où une nouvelle station ou une liaison de collecte terrestre serait trop coûteuse ou trop lente à déployer. Il ne supprime toutefois ni les contraintes de capacité ni celles du spectre. Les cas d’usage les plus crédibles sont ceux pour lesquels la continuité de service et la couverture comptent davantage qu’un débit comparable à celui d’une fibre.
Sources
- GSMA, « MSS Reference Architecture Version 2.0 », 13 octobre 2026 (architecture de référence et intégration des services 5G NR et NB-IoT).
- GSMA, « Kratos OpenSpace Used for KT SAT 5G NR NTN Demonstration », 13 octobre 2026 (démonstration multi-fournisseurs de connectivité 5G NTN).
- Wikimedia Commons, antenne de station sol satellitaire, photo de Greg Vojtko / U.S. Navy, domaine public.
Journaliste spécialisé en télécommunications et technologies numériques couvrant le Maroc et la région MENA.