Airtel Money, la filiale de services financiers mobiles d’Airtel Africa, a commencé ses négociations fermes à la Bourse de Londres le 14 octobre dernier. L’opération valorise la société à environ 5,3 milliards de livres, soit près de 7 milliards de dollars, sur la base d’un prix d’introduction fixé à 1,96 livre par action.
Une cotation séparée pour le mobile money
Airtel Mobile Commerce N.V., qui porte l’activité Airtel Money, est désormais admise sur le marché principal du London Stock Exchange. Airtel Africa conserve son rôle d’actionnaire de référence, tandis que la cotation donne une valeur de marché distincte à une activité opérée dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne.
Le calendrier publié par Airtel Africa prévoyait des négociations conditionnelles à partir du 9 octobre, puis le début des négociations fermes à 8 heures le 14 octobre. Le prix de l’offre avait été annoncé le 1er octobre, avec une capitalisation estimée à 5,3 milliards de livres lors de l’admission.
Le marché financier mesure le poids d’un service télécom
Cette opération place le mobile money au centre de la lecture financière d’un groupe télécom africain. Elle sépare plus nettement les revenus et les perspectives des services financiers des activités de voix, de données et d’accès mobile, alors que les opérateurs cherchent à augmenter la valeur produite par leur base d’abonnés.
La valorisation annoncée ne préjuge toutefois pas de la performance future du titre. Elle fournit surtout un point de référence public pour apprécier la valeur d’une plateforme de paiements et de services financiers distribuée par un réseau télécom.
Un test pour l’expansion des services financiers mobiles
Pour Airtel Africa, l’enjeu dépasse la première cotation. La société devra démontrer que son activité peut continuer à croître, maintenir la confiance des utilisateurs et financer son développement dans des marchés où les cadres réglementaires, les usages et les niveaux d’inclusion financière restent différents.
La cotation donne ainsi aux investisseurs un accès direct à une activité qui était auparavant intégrée dans le périmètre du groupe télécom. Pour le secteur, elle constitue un indicateur de la place prise par les services financiers mobiles dans les modèles économiques des opérateurs africains.
Sources
Journaliste spécialisé en télécommunications et technologies numériques couvrant le Maroc et la région MENA.