Madagascar pourrait connecter 1,13 million de personnes supplémentaires à l’internet mobile d’ici 2031 grâce à une série de réformes ciblées, estime la GSMA, l’association mondiale des opérateurs mobiles. L’organisation évalue à 4,1 trillions d’ariary — environ 1,7 milliard de dollars selon le rapport — le gain potentiel pour le produit intérieur brut.
Ces projections figurent dans le rapport Madagascar Digital Economy: Policy reforms that will drive Madagascar’s digital future, présenté le 16 octobre dernier à l’occasion du Digital Africa Summit organisé dans le pays. Le document ne décrit pas un investissement déjà engagé : il mesure l’effet potentiel de décisions publiques sur l’adoption et l’usage de l’internet mobile.
Le frein n’est plus seulement la couverture
La GSMA identifie quatre leviers : rendre les smartphones plus abordables, accélérer l’extension des réseaux dans les zones rurales, revoir la fiscalité qui pèse sur le secteur mobile et stimuler la demande de services numériques.
Cette lecture rejoint l’évolution observée dans plusieurs marchés africains. Une partie importante de la population vit déjà dans une zone couverte par un réseau mobile à haut débit, mais n’utilise pas régulièrement l’internet. Le prix du terminal, le coût de la donnée, le niveau de revenu et l’utilité perçue des services disponibles peuvent alors devenir des obstacles plus déterminants que l’absence d’antenne.
Pour les opérateurs, l’enjeu est donc double. Ils doivent continuer à densifier les réseaux, notamment hors des grands centres urbains, tout en élargissant la base de clients capables d’acheter un smartphone et des forfaits data. Pour l’État, les choix fiscaux et les mécanismes de soutien à la couverture rurale pèseront directement sur le rythme de cette adoption.
Un scénario conditionné par les décisions publiques
Le chiffre de 1,13 million constitue une estimation de la GSMA, et non un objectif réglementaire assorti d’un calendrier d’exécution. Le rapport ne vaut pas annonce de financement ni engagement contractuel d’un opérateur. La réalisation de ce potentiel dépendra de la mise en œuvre coordonnée des mesures proposées et de la capacité du marché à rendre les terminaux et les services accessibles.
L’intérêt de l’étude est de déplacer le débat de la seule construction des réseaux vers les conditions concrètes d’utilisation. Dans un pays où la connectivité doit encore progresser, l’extension de la couverture et l’accessibilité économique devront avancer ensemble pour transformer le signal disponible en usages réguliers.
Sources
- GSMA, rapport « Madagascar Digital Economy: Policy reforms that will drive Madagascar’s digital future », consulté le 17 octobre 2026
- GSMA, travaux sur le déficit d’usage de l’internet mobile en Afrique, 21 septembre 2026
- TechAfrica News, synthèse du rapport sur Madagascar, 16 octobre 2026
- Image : Unsplash, baie de serveurs, licence Unsplash
Journaliste spécialisé en télécommunications et technologies numériques couvrant le Maroc et la région MENA.