MTN Group, opérateur télécom panafricain basé en Afrique du Sud, veut accélérer son entrée dans l’infrastructure dédiée à l’intelligence artificielle. Sa branche MTN Digital Infrastructure a annoncé, le 27 août dernier, un partenariat stratégique avec une plateforme d’investissement émiratie spécialisée dans les data centers.
Le projet sera porté par Africa Data Hub Holding Limited, une structure destinée à développer et mettre à l’échelle des infrastructures numériques dans plusieurs marchés africains. La première phase ciblera l’Afrique du Sud et le Nigeria.
Une extension au-delà de la connectivité
Le groupe présente cette opération comme un prolongement de sa stratégie Ambition 2030. L’objectif est de répondre à la demande croissante en capacité cloud, en stockage de données et en calcul pour les charges de travail liées à l’IA. Le montant de l’investissement et le calendrier de déploiement n’ont pas été communiqués dans l’annonce.
Le montage associe les actifs et la présence régionale de MTN à l’expertise d’un investisseur et développeur de data centers fondé par Tarek Al Ashram. Bayobab, l’activité de connectivité numérique de MTN et actionnaire du partenariat, doit fournir l’accès réseau et l’accompagnement commercial à travers son réseau panafricain.
Le calcul comme nouvelle couche des réseaux africains
Pour les opérateurs, le déplacement vers les data centers et le cloud répond à une évolution du marché : la connectivité seule capte une part limitée de la valeur créée par les services numériques. Les infrastructures de calcul deviennent un actif stratégique pour héberger des applications d’entreprise, rapprocher les traitements des utilisateurs et servir les fournisseurs de cloud.
Le choix initial de l’Afrique du Sud et du Nigeria concentre le projet sur deux des marchés numériques les plus importants du continent. Il ne permet toutefois pas encore d’évaluer sa portée régionale : MTN n’a pas détaillé les sites retenus, les capacités électriques, les clients visés ni les conditions d’accès à la plateforme.
Cette réserve est importante dans un secteur où la disponibilité de l’électricité, la connectivité internationale, la souveraineté des données et le coût du refroidissement déterminent la viabilité d’un data center autant que la demande en GPU. L’annonce établit donc une orientation stratégique, mais pas encore un calendrier industriel.
Sources
Journaliste spécialisé en télécommunications et technologies numériques couvrant le Maroc et la région MENA.