Actualité
Infrastructure Actualité

Sénégal-Mali : les backbones publics s’interconnectent par fibre

Sénégal Numérique et la SMTD-SA ont inauguré une liaison transfrontalière en fibre. Sa capacité et ses conditions d’accès restent à préciser.

Les réseaux dorsaux nationaux du Sénégal et du Mali sont désormais interconnectés par fibre optique. La liaison a été inaugurée le 5 octobre dernier à Kidira, dans la région de Tambacounda, par Sénégal Numérique SA (SENUM SA), société publique sénégalaise chargée des infrastructures numériques de l’État, et la Société malienne de transmission et de diffusion (SMTD-SA), opérateur public des réseaux nationaux de fibre et de diffusion.

Cette connexion doit diversifier les routes de transmission disponibles pour le Mali, pays enclavé, et renforcer la résilience des échanges de données entre les deux pays. Les autorités sénégalaises et maliennes l’inscrivent dans le Réseau ouest-africain des backbones nationaux (ROA-BN), qui vise à interconnecter progressivement les infrastructures publiques de plusieurs pays de la région.

Une liaison transfrontalière encore peu documentée

La mise en service concerne les réseaux publics de transport, et non un nouveau réseau mobile destiné directement aux abonnés. Elle peut toutefois fournir une route supplémentaire aux administrations, aux opérateurs télécoms et aux fournisseurs de services numériques qui s’appuient sur ces infrastructures.

La SMTD-SA indique exploiter plus de 3 500 kilomètres de fibre optique au Mali. La société précise que son réseau s’appuie notamment sur des technologies DWDM et SDH et qu’il s’étend jusqu’aux frontières avec les pays voisins. De son côté, SENUM SA présente l’interconnexion régionale comme un axe de son programme de développement des backbones nationaux.

Les paramètres opérationnels de la liaison inaugurée à Kidira n’ont pas été rendus publics dans les communications consultées : débit disponible, capacité effectivement activée, tarification de gros, conditions d’accès pour les opérateurs et mécanismes de redondance restent à préciser. Ces éléments détermineront la portée commerciale et la contribution réelle du raccordement à la qualité de service.

La résilience dépendra de l’usage du réseau

Pour le Mali, la connexion vers le Sénégal ouvre une voie d’acheminement vers des infrastructures internationales accessibles depuis le littoral sénégalais. Elle ne supprime pas, à elle seule, les risques de coupure : la résilience dépendra de la diversité des routes, de la maintenance du tronçon transfrontalier et de la possibilité pour les opérateurs d’acheter effectivement de la capacité sur le backbone public.

L’enjeu dépasse donc l’inauguration de la liaison. Le prochain test sera celui de son intégration aux réseaux des opérateurs et aux services numériques publics, puis de l’extension du ROA-BN à d’autres pays ouest-africains. Sans données sur les capacités et les conditions d’accès, il est encore trop tôt pour mesurer l’impact sur les prix ou les performances des connexions.

Sources

T
Auteur
Telecoms.ma

Journaliste spécialisé en télécommunications et technologies numériques couvrant le Maroc et la région MENA.

Articles associés