L’Égypte prévoit de construire cinq à sept mégacentres de données au cours des quatre à cinq prochaines années. L’objectif présenté par le ministre des Communications et des Technologies de l’information, Raafat Hendy, s’inscrit dans la stratégie Digital Egypt 2030.
Une partie des infrastructures pourrait commencer à fournir des services à l’international d’ici 2030. Le gouvernement veut ainsi développer la capacité de calcul locale, renforcer la souveraineté numérique et positionner l’Égypte comme une plateforme régionale pour les services numériques.
Un programme lié au cloud et à l’IA
Les centres de données doivent accompagner l’augmentation de la demande en cloud, en intelligence artificielle et en services numériques. Le ministère vise également l’extension de la fibre optique à plus de 55 % des ménages et une couverture 5G dans l’ensemble des gouvernorats à l’horizon 2030.
Environ 20 000 bâtiments publics seraient déjà raccordés à la fibre, tandis que le pays compterait près de 5,5 millions de lignes en fibre optique, selon les éléments rapportés à l’issue d’Egypt Forum 2026 par Arab Finance et ETCIOME.
Des infrastructures à connecter au réseau électrique
La construction de mégacentres de données ne dépend pas uniquement du foncier et de la connectivité. Elle suppose aussi une alimentation électrique stable, des capacités de refroidissement, des liaisons internationales et un cadre permettant de traiter localement les données sensibles.
Le gouvernement égyptien travaille déjà sur une stratégie nationale pour les data centers et le cloud. Le projet de centre de données souverain annoncé en septembre par les autorités prévoit une capacité initiale de 20 mégawatts sur trois ans, avec une extension possible jusqu’à 200 mégawatts.
Les annonces récentes ne précisent pas encore la localisation, le calendrier détaillé, les investisseurs ou la capacité de chacun des cinq à sept futurs sites. Le nombre annoncé doit donc être compris comme un objectif de planification, et non comme un parc déjà financé ou en construction.
Un enjeu régional
Avec ses câbles sous-marins, sa position géographique et son marché intérieur, l’Égypte cherche à attirer des investissements dans les infrastructures numériques. La capacité à héberger localement des applications cloud et d’IA pourrait réduire certaines dépendances à l’égard de plateformes situées hors du pays.
La concrétisation de cette ambition dépendra toutefois de la disponibilité énergétique, des investissements privés, de la demande des entreprises et de la capacité à transformer les annonces de planification en projets opérationnels.
Sources
- ETCIOME / Economic Times — Egypt plans 5 to 7 mega data centers by 2030, 22 octobre 2026
- Arab Finance — Egypt plans 5 to 7 mega data centers over next five years, octobre 2026
- State Information Service — Egypt’s largest data center and Sovereign AI Center, 8 septembre 2026
- Image : BalticServers, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
Journaliste spécialisé en télécommunications et technologies numériques couvrant le Maroc et la région MENA.