Les ministres africains chargés des communications et des technologies de l’information veulent accélérer l’exécution des engagements numériques du continent. Réunis à Libreville, au Gabon, ils ont appelé à renforcer les investissements et à avancer vers un marché numérique africain intégré.
La session ministérielle du Comité technique spécialisé de l’Union africaine sur la communication et les technologies de l’information et de la communication (STC-CICT) s’est ouverte le 29 octobre dernier, après deux jours de travaux d’experts. Le Ghana prend la présidence du comité pour les deux prochaines années, en remplacement du Lesotho.
Les infrastructures au centre de la feuille de route
Lerato D. Mataboge, commissaire de l’Union africaine chargée des infrastructures et de l’énergie, a demandé d’accélérer les investissements dans les réseaux de fibre transfrontaliers, les data centers régionaux, les points d’échange internet, les infrastructures cloud et la connectivité du dernier kilomètre.
Le financement devra associer les budgets publics, les garanties, les partenariats public-privé et des mécanismes de financement mixte, notamment sur les marchés mal desservis. L’Union africaine relie cette question à la planification de l’énergie et des infrastructures physiques, qui conditionnent la capacité à exploiter les réseaux numériques.
Vers un marché numérique moins fragmenté
Le STC-CICT veut aussi faire progresser la mise en œuvre du protocole sur le commerce numérique de la Zone de libre-échange continentale africaine. Les priorités citées couvrent la gouvernance des données, l’identité numérique, les paiements transfrontaliers et les transactions électroniques.
La cybersécurité et l’intelligence artificielle figurent dans le même chantier que la connectivité et la gouvernance des données. Le nouveau président du comité, Samuel Nartey George, ministre ghanéen de la Communication, de la Technologie numérique et de l’Innovation, a insisté sur la nécessité de mesurer les politiques à leurs résultats plutôt qu’au nombre de déclarations.
Les ministres doivent encore examiner le rapport des experts et l’état d’avancement des initiatives numériques continentales. La session ne constitue donc pas, à ce stade, l’annonce d’un calendrier opérationnel détaillé pour chaque projet. Son enjeu immédiat est de rapprocher les stratégies déjà adoptées de leur financement et de leur mise en œuvre.
Sources
- Union africaine, « From Digital Strategies to Delivery: AU Ministers Call for Increased Investment and Faster Implementation », 30 octobre 2026
- Union africaine, présentation de la session STC-CICT de Libreville, 20 octobre 2026
- Union africaine, photo de la session ministérielle du STC-CICT à Libreville, 29 octobre 2026
Journaliste spécialisé en télécommunications et technologies numériques couvrant le Maroc et la région MENA.