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UEMOA : le PI-SPI rend les transferts interopérables gratuits

Dès le 2 novembre, les transferts interopérables jusqu’à 8 000 francs CFA seront gratuits dans l’UEMOA, avec 175 participants connectés au PI-SPI.

La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) modifie les règles des transferts de monnaie électronique dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). À compter du 2 novembre, les transactions interopérables entre particuliers devront passer par la Plateforme interopérable du système de paiement instantané (PI-SPI).

Le nouveau cadre concerne les huit pays de l’UEMOA : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo. La BCEAO indique que PI-SPI comptait 175 participants connectés au 2 octobre dernier et donnait accès à ses services à plus de 38 millions de personnes.

Un seuil de gratuité fixé à 8 000 francs CFA

Pour les transferts nationaux, les montants cumulés jusqu’à 8 000 francs CFA par jour et par utilisateur seront gratuits à l’envoi, sans limitation du nombre d’opérations. La BCEAO estime que ce seuil couvre environ 75 % des transactions de monnaie électronique dans l’Union.

Au-delà de 8 000 francs CFA, les transferts nationaux pourront être facturés, mais les frais ne pourront pas dépasser 0,8 % du montant hors taxes. La réception reste gratuite. Les transferts effectués entre un compte bancaire, un portefeuille électronique ou un compte ouvert auprès d’un établissement de paiement entrent dans le périmètre décrit par la banque centrale.

Une infrastructure commune pour les banques et les wallets

La réforme ne se limite pas à une nouvelle grille tarifaire. Elle rend PI-SPI obligatoire pour les transactions interopérables de monnaie électronique au sein de l’UEMOA. L’objectif est de faire de cette infrastructure le point de passage commun entre banques, établissements de monnaie électronique et établissements de paiement.

La liste publiée par la BCEAO au 30 septembre recense 175 participants autorisés à ouvrir les services au public. Elle comprend des banques, des opérateurs de portefeuille et des fintechs. Au Sénégal, la liste mentionne notamment Wave Digital Finance, société de services financiers du groupe Wave, ainsi qu’Orange Finances Mobiles. En Côte d’Ivoire, Wave Côte d’Ivoire figure également parmi les participants.

Cette ouverture doit réduire la fragmentation entre réseaux fermés. Elle ne garantit toutefois pas, à elle seule, une expérience identique dans les huit marchés : la disponibilité des services dépendra de l’activation effective des parcours par chaque participant et de la capacité des systèmes à traiter les contrôles, la confirmation et la résolution des incidents.

Un changement opérationnel pour les prestataires

Pour les banques, les émetteurs de monnaie électronique et les établissements de paiement, l’échéance du 2 novembre impose de traiter les transferts interopérables selon les règles communes de PI-SPI. Le sujet porte à la fois sur la tarification affichée au client, le routage des transactions, la gestion des comptes et la réconciliation des opérations.

La BCEAO présente cette évolution comme un moyen d’élargir l’accès aux paiements instantanés et de favoriser de nouveaux usages. Le résultat dépendra désormais du taux d’adoption par les clients, de la qualité de service et de la capacité des participants à maintenir la disponibilité de leurs interfaces.

Sources

T
Auteur
Telecoms.ma

Journaliste spécialisé en télécommunications et technologies numériques couvrant le Maroc et la région MENA.

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