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UIT : la 5G couvre six personnes sur dix, mais l’IA reste inégale

Les nouvelles données de l’UIT montrent l’extension rapide de la 5G. Elles rappellent aussi que la couverture ne suffit pas à garantir un accès réel aux usages de l’IA.

L’Union internationale des télécommunications (UIT), l’agence des Nations unies spécialisée dans les technologies de l’information et de la communication, estime dans son rapport Facts and Figures 2026 que la 5G couvre désormais près de six personnes sur dix dans le monde. La couverture des réseaux 3G ou plus avancés atteint 97 % de la population mondiale.

Ces chiffres décrivent une progression de l’infrastructure mobile, mais pas un accès homogène aux services numériques. L’UIT rappelle que la disponibilité d’un réseau ne garantit ni l’équipement des utilisateurs, ni des prix abordables, ni les compétences nécessaires pour exploiter les services en ligne. Le rapport signale également que moins de la moitié des pays disposent de données officielles récentes sur l’usage d’internet.

La couverture ne résout pas le déficit d’usage

Pour les opérateurs, cette distinction déplace le débat. Une antenne 5G étend le périmètre technique du réseau, mais la valeur créée dépend aussi du terminal, du coût de la donnée, de la qualité de service et des applications accessibles. Le même raisonnement vaut pour l’intelligence artificielle : sans connectivité fiable, données disponibles et compétences, les modèles restent concentrés dans les entreprises et les territoires déjà les mieux équipés.

Cette limite est particulièrement importante pour les pays qui veulent développer des services publics ou des usages professionnels de l’IA. Les statistiques de couverture peuvent progresser plus vite que l’adoption effective, notamment lorsque les écarts de revenus, de qualité de réseau ou de compétences persistent.

Le réseau devient une composante des architectures IA

L’UIT travaille en parallèle sur les réseaux « AI-native », c’est-à-dire des architectures où l’intelligence artificielle est intégrée à la conception, à l’exploitation et à l’optimisation du réseau. Son groupe d’étude FG-AINN doit notamment traiter les cas d’usage, les preuves de concept et les lacunes de normalisation. Une réunion virtuelle est annoncée le 6 novembre prochain.

Le sujet ne se limite donc pas à ajouter de l’IA aux outils d’exploitation. Il pose aussi la question de la répartition entre terminaux, réseau, edge computing et centres de données. Pour les opérateurs, cela peut modifier les besoins en capacité de transport, en calcul distribué, en supervision et en sécurité. Les gains resteront toutefois à mesurer : la page du groupe FG-AINN décrit des travaux de cadrage et de preuve de concept, pas un standard opérationnel ou un déploiement commercial généralisé.

À retenir

  • La 5G couvre près de six personnes sur dix dans le monde, selon l’UIT.
  • La couverture 3G ou supérieure atteint 97 %, mais l’accès réel dépend aussi du prix, des équipements et des compétences.
  • Les réseaux AI-native restent un chantier de recherche, de normalisation et de démonstration.

Pour les DSI/CTO

Les chiffres de couverture ne suffisent pas à dimensionner un projet d’IA distribué. Il faut aussi vérifier la disponibilité de la fibre ou du backhaul, la latence, la capacité locale de calcul, la résilience et les contraintes de données. À ce stade, les travaux de l’UIT peuvent servir de cadre de veille, mais pas de spécification d’achat.

Sources

T
Auteur
Telecoms.ma

Journaliste spécialisé en télécommunications et technologies numériques couvrant le Maroc et la région MENA.

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